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De la Perimenopause à la menopause, un univers de changements et un potentiel de re-créations: Redéfinissons le vieillissement.

Par Selma Sebti


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Le terme « periménopause » est un néologisme dont l'origine est grecque. Composé du préfixe « peri- », signifiant « autour » ou « près de », et du mot « ménopause », lui-même issu du grec « mên » (mois, menstruations) et « pausis » (arrêt), il signifie exactement la même chose que pré-menopause. La périménopause décrit ainsi la période précédant l’arrêt des menstruations, une période de transition avec beaucoup de changements dans la biochimie du corps, de la vie émotionnelle, de la vie sexuelle et de l’aspect général du corps d’une femme avant d’aboutir à la ménopause.


La menopause, est loin d’être une cessation des menstruations ou de l’ovulation, c’est une transition vers la promesse d’un renouveau, une renaissance de la femme dans l’absence du rôle ou elle ne pourra plus naturellement donner la vie à une progéniture, la femme se transformant pour accoucher d’elle même, laissant derrière elle la reproduction, elle pourra s’accomplir dans un rôle de continuité pour davantage s’épanouir, mais d’abord parlons de la transition et des deuils que cette métamorphose peut engendrer durant ce changement de saison ou la femme fait réellement nouvelle chaire.


La ménopause marque un changement profond, un passage où chaque changement peut s’accompagner de petits deuils : celui du corps d’hier, davantage de rides qui creusent une peau de plus en plus affaissée. Le changement de certains rythmes invitant à davantage de lenteur; le rythme du mouvement, de la réflexion, de la concentration, du sommeil, pour n’en inclure que certains. La hâte peut même amener à certains incidents d’inattention, à des micro-lésions, car la ménopause peut aussi s’accompagner de fragilités articulaires. Comme cela est présent en toute transition, cette période s’accompagne d’incertitudes et de questionnements.



Le vieillissement invite à changer le rôle de la femme qui fait tourner les têtes par l’énergie incandescente sexuelle à une autre énergie, plus subtile, si bien sûr qu’elle est habitée avec grâce, cette énergie se transforme en une énergie de sagesse, de sereine confiance.


====> Cette nouvelle métamorphose est une autre opportunité d’apprendre à s’ajuster, une invitation à s’écouter et parfois se re-visiter pour honorer d’anciens ou de nouveaux espaces en soi. De ces transformations, nous continuons à créer notre vie autrement, avec davantage de conscience et de douceur.Vieillir devient alors un acte révolutionnaire de création et de liberté dans nos sociétés qui prêchent sur les remparts le culte de la jeunesse éternelle et de la performance ; « Je ne suis pas que reproductrice sexuée, j’existe dans tout ce que je suis! Oui, j’existe dans une universalité comprenant d’innombrables polarités, je suis créatrice, guide, amoureuse, amante, compagne, guérisseuse, et bien plus….. » .


Les grands spirituels parlent depuis la nuit des temps de l’inconstance des choses, des vertus du détachement, et de la nécessité d’amener en soi l’observateur stable, tel un sattva bien ancré dans l’équanimité face à toute intempérie.

Le corps ne faillit pas à cette règle de changement et poursuit perpétuellement sa recherche d’homéostasie, en interaction avec ses propres bouleversements et son environnement en constante évolution. C’est encore plus vrai pour le corps de la femme, qui connaît des changements constants de conception jusqu’à la fin de sa vie. Elle naît avec tout le potentiel de vie en elle, et tous les ovaires contiennent la promesse de multiplier la vie.

À partir de la puberté, chaque mois, une danse de réactions biochimiques s’opère dans son corps : tout l’organisme se mobilise pour offrir l’opportunité d’accueillir la vie et de la mener à terme, jusqu’à l’expulsion de l’ovule non fécondé par les menstruations. Chaque mois, son corps se transforme au rythme des fluctuations hormonales, comme les phases de la lune, en constante transition.

Puis vient le jour où la fécondation survient, et le corps de la femme se transforme à nouveau, cette fois en vaisseau porteur de vie.

Dans son corps, des univers dans un univers interagissent sans cesse : système nerveux central et périphérique, système digestif, système hormonal, lymphatique, etc. ; tous participent à cette orchestration sublime qui œuvre à maintenir la génération, la régénération et l’harmonie de la vie.


Outre les changements mensuels que connaît la femme, il existe également de grands bouleversements ponctuels lors des périodes de transition majeures : de la puberté à l’adolescence, pendant la grossesse et de la periménopause à la ménopause. Lors de ces phases, une transformation particulière se produit, que l’on appelle en neuropsychologie le pruning, ou élagage synaptique.

Il s’agit d’une transition que traverse le système nerveux central, comme un véritable bouleversement : il se déleste de tous les neurones qui n’ont pas été utilisés jusqu’alors. C’est une sorte de grand ménage neurologique visant à simplifier les réseaux neuronaux et à optimiser la communication entre régions du cerveau.

Ainsi, un enfant qui grandit dans un environnement sain, où il peut apprendre et se développer avec un sentiment de sécurité, aura un pruning très différent de celui d’un enfant évoluant dans un environnement hostile, où son instinct de survie et d’adaptation est constamment sollicité.

Le cerveau est sculpté par les interactions avec la vie qui l’entoure, et il en va de même pour la femme enceinte, qui se transforme progressivement en mère, son cerveau s’adaptant pour accueillir et soutenir la nouvelle vie qu’elle porte connaîtra un élagage synaptique aussi.


Pour Dre Lisa Mosconi, neuroscientifique dévouée à la recherche sur le cerveau des femmes, les transformations que connaît le corps féminin ne sont pas des signes de déclin, mais des phases d’adaptation et de renouvellement. Le cerveau féminin, étroitement lié aux hormones, se réinvente à chaque étape majeure de la vie.

Elle développe le concept des « 3 P » : Puberté, Pregnancy (grossesse) et Périménopause. Elle perçoit ces trois phases comme bien plus similaires qu’on ne pourrait le croire au premier abord. Selon elle, la vie cérébrale de la femme constitue un continuum, et les 3 « P » représentent des moments de remaniement cérébral, marqués par le pruning, au cours desquels le cerveau s’adapte aux changements hormonaux induits par les ovaires. D’abord, la puberté comme le début du dialogue entre le cerveau et les ovaires. L’augmentation des œstrogènes déclenche un élagage neuronal : le cerveau élimine certaines connexions pour en renforcer d’autres, devenant plus efficace et mieux organisé. Ensuite, la grossesse : les hormones atteignent des niveaux exceptionnels, provoquant une nouvelle restructuration cérébrale. Certaines zones diminuent en volume, non pas par perte de capacités, mais pour optimiser les circuits liés à l’empathie et à la compréhension des besoins des nourrissons. Et enfin, la périménopause, avant la ménopause, la chute et les fluctuations des œstrogènes entraînent un dernier remaniement neuronal. Ce processus peut causer de multiples symptômes, mais il peut correspondre à une réorganisation positive : le cerveau se prépare à une nouvelle phase de vie, plus stable et résiliente.

Mais que faire lors de cette transition entre la perimenopause et la ménopause lorsque le corps et son énergie deviennent méconnaissables pour nous? Lorsque les symptômes qui pointent le bout du nez sont trop lourds à porter : fatigue, changements d’humeur, anxiété, réactivité… et tout le reste qui s’invite sans prévenir ? Que faire lors des tremblements de la terre et de sa fracture, lorsqu’autrefois elle fut fertile et énergétique? Qui suis-je, si je ne me sens même plus moi-même, ni dans ma chair ni dans mon énergie?

Une des réponses possibles : un être en devenir, une mutante, féroce et vulnérable à la fois!

Ce qui amène a la prochaine question, quoi faire durant ces périodes de grands changements pour traverser cette transition avec la plus grande grâce qui nous est possible?

Une des réponses possibles : se relier !!! À soi-même avant tout, aux autres aussi. Il est essentiel de se relier aux autres femmes qui vivent ou qui ont traversé cela, de normaliser, de parler, lire, s’informer et informer autrui, d’inviter à la discussion, de consulter des professionnels, de se respecter, d’accepter ce qui ne peut être changé et de se laisser porter par la vague du mouvement vers la vie. Se relier à sa famille de cœur et de sang, les informer des changements, et se faire un espace sécuritaire pour s’accueillir totalement.


« Vieillir est un privilège, » C’est incarner de nouveaux archetypes, ceux de la grande prêtresse, de la sage sorcière, de la chamane, de la grande guérisseuse, qui sont aussi d’immenses figures archetypales présentes dans notre inconscient collectif et qui peuvent parfois casser certaines barrières sociales. D’incarner le savoir intérieur, l’intuition profonde, les liens avec les mystères de la vie et de la mort, devenir la la gardienne et la transmetteuse, d’enseignante et de mentor du savoir sacré, un canal de sagesse universelle, et aussi celui de la guérisseuse qui réunit corps, âme et nature dans son savoir, son savoir être, et son savoir faire sont des éléments d’une prospérité inégalée. Certes, ce ne sont plus les énergies du printemps ni de l’été, mais celles de l’automne et de l’hiver, du dépouillement, de la vérité nue, de la beauté crue, l’engrais même qui entraînera la fertilité des saisons qui suivront.

Dans la continuation des choses, les rôles changent. Autrefois, féconde, le rôle d’une femme pouvant donner la vie à une progéniture se transforme en fécondité toute autre, porteuse de sagesse, d’amour, d’écoute, de guidance pour l’avenir des prochaines générations. Elle se transforme pour incarner un pouvoir de transmission, et de médiation entre un passé parfois lourd à un avenir rayonnant, la femme sagesse aux cheveux argents est appelée à pratiquer tout cela pour elle-même, avec elle-même, dans sa propre vie, et avec autrui. Avant cela, elle sera amenée à transmuter pour accompagner la transformation.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons la chance de vivre dans ce nouvel âge où les femmes s’émancipent, y compris en ce qui concerne leur liberté, leur santé et la définition de leur rôle durant les étapes du vieillissement. Ainsi, la périménopause et la ménopause sont des sujets de plus en plus explorés, tant par les femmes elles-mêmes que par la recherche médicale, qui s’intéresse de plus en plus à ces périodes cruciales de la vie féminine. Cela reflète un intérêt croissant pour la santé et le bien-être des femmes à toutes les étapes de leur vie.

Informez-vous par les différents travaux de Dre. Lisa Mosconi, Dre. Sara Small, Dre. Mary Claire Haver et Dre. Tara Swart pour n’en nommer que quelques-unes. Prenez soin de votre vie, c’est le temps de dire non si cela n’est pas encore fait, de dire oui a ce qui fait résonner de la joie ou à ce qui s’enligne avec vos valeurs les plus profondes. Comme avant, c’est le temps d’être en toute authenticité, même dans la vulnérabilité.


Maintenant, quelle femme en devenir laisserez-vous renaitre de cette transformation?

Celle qui accepte les changements avec grâce ou nie le vieillissement en résistant ? Sentez la vulnérabilité qui sommeille en vous, les zones de refus du vieillissement, prenez le temps de découvrir en vous toutes les valeurs, toutes les pensées qui servent la résistance à ce passage, reconnaissez les illusions enfermantes, là reposent de précieuses réponses, confrontez vos pensées irréalistes par rapport au vieillissement. Rappelez-vous que vous faites partie de la nature elle-même, dans toute sa splendeur et sa beauté, et que vous êtes gouverné par ses lois, dont la loi des cycles. Laissez donc les tracas du passé aller, être désirables, appétissantes, ultra-minces, parfaites, pour être aimées à tout prix, pour être choisies, même souvent à s’en fourvoyer. Il suffie de cela maintenant!

Vous êtes invité a vous aimer, à vous choisir, avant tout, dans tout ce que vous êtes et tout ce que vous incarnez, et être en paix avec ce que vous êtes. Faites espace à la femme en devenir en vous, dans ses manques, ses peines, ses vérités, avec tendresse, mais aussi faites place à ses victoires, à ses forces, et peu à peu sentez sa confiance grandissante, et ouvrez toutes les portes en vous pour laisser sa puissance croissante jaillir et décupler. Elle est bien là, et comme pour la célébration des jours de noces, célébrez l’arrivée de la Femme Universelle qui se révèle en vous avec joie.


Méditation guidée : La Femme en devenir en harmonie avec la Loi des Cycles

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Ferme doucement les yeux…
Respire lentement.
Ressens le souffle entrer, sortir…
Déjà, un cycle commence et s’achève.

La vie tout entière est faite de rythmes,
de marées, de pulsations, de recommencements.
Rien ne demeure figé.
Et toi, tu fais partie de cette grande danse.

Laisse ton souffle t’enseigner.
Il inspire, il expire.
Il prend, il donne.
Et dans ce mouvement simple, il te relie à la loi des cycles.

Observe ton corps :
il suit les saisons du monde et les saisons de ta vie.
Il a connu les printemps de l’élan,
les étés de l’abondance,
les automnes du lâcher-prise,
et les hivers du repos silencieux.

Chaque phase est juste.
Chaque phase est nécessaire.

Respire encore…
Accepte que tout change,
que tout passe,
que tout revienne sous une autre forme.

Les feuilles tombent pour nourrir la terre.
Les marées se retirent pour mieux revenir.
Les douleurs d’hier deviennent les racines de ta force.

Tu n’as rien à retenir.
Tu n’as rien à craindre.
Tu es portée par la même intelligence que les astres et les vagues.

Sache-le :
tu es la terre qui accueille,
l’eau qui s’écoule,
le feu qui transforme,
et l’air qui libère.

Tu es la Loi des Cycles.
Tu es la continuité du vivant.

Alors aujourd’hui,
laisse-toi être simplement en accord avec le mouvement.
Ni trop tôt, ni trop tard.
Juste là, à ton rythme.

Répète doucement, dans ton cœur :

Je fais confiance au cycle de ma vie.
Je me renouvelle à chaque instant.
Je suis la nature, et la nature vit en moi.

Respire encore une fois…
et sens la paix d’appartenir au grand cercle du vivant.

Sens la femme en devenir s’éveiller en toi…
Elle avance, confiante, entière.
Elle ne cherche plus à ressembler, elle devient.
Elle sait que sa beauté est vivante, changeante, indomptable.

Et maintenant, imagine-toi te lever doucement,
comme à l’aube d’un nouveau jour,
et célébrer ton passage,
comme on célèbre des noces sacrées.

C’est la Femme Universelle qui se révèle en toi.
Sa puissance jaillit, tranquille et rayonnante.
Accueille-la.
Célèbre-la.
Tu es complète. Tu es vivante. Tu es libre.

Respire une dernière fois profondément…
Et garde en toi cette paix,
comme une flamme douce qui ne s’éteindra plus.


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Selma Sebti

Née et élevée au Maroc, elle a d'abord mené son parcours vers le Nouveau Monde : les États-Unis, puis le Canada, où elle s'est installée pour obtenir une licence en psychologie et poursuivre d'autres formations, notamment en approche émotionnelle-rationnelle, en psychologie positive, en pleine conscience, en hypnothérapie et à travers l'expérience d'une approche humaniste appelée « abandon corporel ».

Après près de 15 ans d'expérience dans l'intervention et la santé mentale, le pouvoir d'actualisation et de résilience l'a toujours fascinée ; elle y trouve l'expression intime du déploiement du potentiel humain et sa transmutation en une vision plus large de l'existence.

À travers des rencontres et des synchronicités, sa propre quête et sa curiosité ont façonné son chemin. Cela l'a amenée à explorer et à s'orienter vers des approches holistiques et à intégrer la guérison énergétique à sa pratique.


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